Les souvenirs peuvent être injectés !

créer par adminquesrepo. Posté(e) le 19 novembre 2018 dans Social.
adminquesrepo
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Incroyable ! Le mot vient spontanément à l’esprit lorsqu’on découvre l’exploit accompli par David Glanzman (université de Californie). Première historique, son expérience a permis d’isoler, sous forme moléculaire, un souvenir dans le cerveau d’un être vivant avant de le transférer dans le cerveau d’un autre ! De la science-fiction… pour de vrai ! Ce premier cas de « transfert de mémoire » ne concerne pas n’importe quel être vivant. Il s’agit d’une sorte d’escargot de mer, Aplysia Californica, qui est une star des laboratoires qui travaillent sur la mémoire. Le fameux neuro scientifique Eric Kandel lui doit son prix Nobel venu couronner en 2000 ses travaux sur la conception « connexionniste » de la mémoire, où les souvenirs se tissent au fil des connexions établies par les neurones entre eux. Or, David Glanzman, en se penchant sur le même modèle animal, vient de faire voler en éclats cette vision du réseau synaptique tout-puissant. Son expérience prouve que les souvenirs possèdent un tout autre support dont la matérialité s’incarne sous la forme d’un nuage de molécules injectable par une seringue.

 


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aymeric
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Les applications de ces découvertes pourraient être plus variées que le traitement des souvenirs. Pourrai-on imaginer implanter des souvenirs qui soient de l\'ordre de l\'apprentissage?

sophie La
9 message(s)

Il y a beaucoup de questions là-dessous, et l\'expérience sur les souris est un peu simpliste pour être transposée à l\'homme. Pour le cas de l\'utilisation sur des gens atteints de troubles post-traumatiques, les événements en question on construit des émotions, des réactions de défense pour s\'en protéger, etc. Effacer juste le souvenir n\'effacera pas les \"conséquences\" du souvenir, et on pourrait se retrouver avec un comportement décorrélé de nos souvenirs, incapable de comprendre pourquoi à cause de l\'oubli de l\'événement déclencheur. C\'est s\'éloigner de qui on est vraiment, pas sûr que ce soit très thérapeutique.

Vincent Reuss
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Plus récemment, des chercheurs de l’EMBL de Heidelberg et de l’Université Pablo Olavide de Séville ont découvert quelque chose de tout à fait fascinant. L’équipe du professeur Cornelius Gross a étudié l\'hippocampe, une région du cerveau qui aide à former des souvenirs. Imaginez une sorte de voie avec des neurones connectés solidement entre eux : plus les souvenirs sont consolidés, plus les connexions sont solides. En bloquant cette voie, ils ont constaté que les souris n’étaient plus capables de réaliser un apprentissage par association (un son à une action par exemple : apprentissage pavlovien). Mais en bloquant les voies, les chercheurs ont constaté une perte rapide de la force dans les synapses : en une demi-heure, la souris a perdu tout ce qu’elle avait appris en une semaine. Cette découverte ouvre une nouvelle voie pour l\'effacement ciblé de souvenirs épisodiques et contextuels. Les chercheurs estiment que dans moins de 10 ans, un médicament pourra permettre quelque chose d’impensable jusqu’alors : la possibilité d’effacer certaines zones de la mémoire, en particulier ce qui relève de la mémorisation par apprentissage.

Marie dlr
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Dans une nouvelle recherche financée par la Wellcome Trust et publiée dans la revue Applied Cognitive Psychology, il apparaît que beaucoup de gens sont tout à fait ouverts à l\'idée de manipuler délibérément des souvenirs si cela peut profiter, par exemple, à des victimes de stress post-traumatique. On peut donc raisonnablement penser que l’implantation de faux souvenirs à des fins thérapeutiques va se développer. Une question éthique se pose alors : peut-on changer un souvenir même si celui-ci est très désagréable ? Même si la manipulation des mémoires par bricolage des cellules du cerveau devient une routine dans les laboratoires de neurosciences, nous sommes encore très loin d’Inception, le film de Christopher Nolan. Car il faudrait que quelqu’un arrive à pénétrer dans notre esprit pour pouvoir y scénariser de faux souvenirs (quoique, en fait, c’est presque possible, mais je vous en parlerai dans un autre article). Mais ces recherches sont tout de même troublantes et posent plusieurs questions morales. Si une telle intervention est scientifiquement plausible, il serait naïf de croire que personne ne l\'essayera jamais à des fins autres que thérapeutiques.

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