Vous n’avez pas participé à la mobilisation des « gilets jaunes », racontez-nous pourquoi

créer par Vincent Reuss. Posté(e) le 19 novembre 2018 dans Social.
Vincent Reuss
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Après avoir réuni plus de 280 000 manifestants samedi 17 novembre, la mobilisation de blocage se poursuit, pour protester notamment contre la hausse des prix des carburants. Samedi, les manifestants ont marqué le premier jour de la mobilisation en bloquant autoroutes, ronds-points, hypermarchés ou en organisant des opérations de péage gratuit.

S’ils n’ont pas réussi à paralyser la France, tout le territoire a été touché par leur action, comparable à certaines grandes manifestations organisées ces dernières années par les syndicats. De nombreux dérapages ont par ailleurs été observés, souvent des accrochages avec des citoyens refusant d’être bloqués.

Vous n’avez pas participé à ce mouvement de blocage, comment l’avez-vous vécu ? Vous êtes-vous organisé en conséquence face à cette mobilisation du 17 novembre ? Partagez-vous les revendications des « gilets jaunes » sans pour autant participer aux actions ? Avez-vous été pris à parti par des manifestants lors d’un déplacement en voiture ? Que pensez-vous des modes d’action de ce mouvement ?

aymeric
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sophie La
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Essence trop chère ? Changez de pompe ! » Le slogan, en noir sur jaune et accompagné d’un logo invitant à passer de la pompe à essence à la pompe à vélo, occupe tout un côté de la caisse du vélo cargo de Clément Janot, membre de l’association Vélo utile, à Saint-Brieuc. Il est 14 h 30 ce samedi 17 novembre. À l’heure où la voie express autour de la petite ville bretonne est bloquée par le mouvement des « gilets jaunes », plus de 200 cyclistes se sont rejoints sur le parvis sud de la gare, en réponse à l’appel de l’association. Ils ne sont pas là pour réclamer plus de pouvoir d’achat, mais pour exiger le développement des alternatives. « Nous manifestons aujourd’hui pour faire entendre une autre voix, annonce Clément. Nous souhaitons que les citoyens repensent leur façon de se déplacer, en privilégiant autant que possible l’usage du vélo, mais aussi que les élus prennent leur responsabilité en mettant en place les moyens nécessaires afin que ces changements opèrent. » Avec Priscilla, son épouse, ils se font cet après-midi les porte-paroles de l’association. « Dès qu’on a pris connaissance du mouvement des “gilets jaunes”, on s’est dit qu’il fallait bouger, faire quelque chose, dit la jeune femme. Le gilet jaune, c’est un accessoire principalement utile aux cyclistes, pour être visibles et se protéger des voitures ! »

Vincent Reuss
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Malgré le froid, intensifié par l’humidité de l’épais brouillard, les bénévoles de Vélo utile sont à l’œuvre. Casque sur la tête et gilet jaune sur le dos, ils distribuent leurs tracts aux cyclistes, ainsi qu’aux quelques rares passants. Sur le papier, le message est clair : « Le modèle actuel du tout automobile est une absurdité. En milieu urbain et péri-urbain, le vélo se présente comme une alternative crédible avec de très nombreux avantages : rapide sur de courtes distances, fiable, bon pour la santé, le moral et le cadre de vie, non polluant, économique pour les individus et la collectivité. » L’association rappelle aussi que « 50 % des déplacements automobiles font moins de 5 kilomètres ». Mais il ne s’agit pas pour autant d’une contre-manifestation : « Nous ne sommes pas ici en opposition au mouvement des “gilets jaunes”, argumente Priscilla. Il s’agit d’inviter à penser différemment la question de la taxe. » Sur son VTT gris, Régis arrive de la rocade, où il a fait part aux « gilets jaunes » de la manifestation cycliste. « Dans l’ensemble, les gens comprennent le message, mais ils sont pris dans leurs problèmes de court terme », rapporte ce membre de l’association Agir pour le climat 22, qui est partenaire de Vélo utile pour l’événement d’aujourd’hui. « Nous demandons aux collectivités de mettre en place des aménagements pour les vélos mais également d’instaurer une prise en compte du bilan carbone pour tous les achats publics », réclame-t-il. Pour réduire ses déplacements, il a opté pour le télétravail. « Je suis ingénieur dans le domaine de l’énergie, j’habite en zone rurale et j’ai eu cette possibilité. Je pense que, pour ceux qui le peuvent, cela peut faire partie des solutions ».

Marie dlr
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De l’individu ou du collectif, à qui la responsabilité ? À demi-assis chacun sur son vélo, au milieu de la foule, Thierry et Marc, deux quinquas, débattent. « C’est dommage qu’il faille en venir à taxer pour faire réagir », se désole Marc. « Après, il faut aussi pouvoir donner la possibilité aux gens de se déplacer plus proprement. Que ce soit des pistes cyclables mais aussi des transports en commun », avance Thierry. « Oui, concède son camarade, mais il faut avant tout un profond changement des comportements. On n’est pas obligé de passer ses week-ends dans la voiture pour aller faire du shopping ! » L’un comme l’autre se rendent à vélo au travail. Un choix de vie : « Nous avons fait le choix d’habiter à proximité de notre lieu de travail pour cette raison. »

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